Frise chronologique
1148
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
1148 (≈ 1148)
Installation des moines cisterciens par Ebbes II de Déols.
1155
Abbaye royale
Abbaye royale
1155 (≈ 1155)
Érigée par Henri II Plantagenêt.
1276
Exemption fiscale
Exemption fiscale
1276 (≈ 1276)
Accordée par Ythier de Magnac.
1333
Inventaire royal
Inventaire royal
1333 (≈ 1333)
Revenus équivalents à Noirlac sous Philippe VI.
1698
Construction maison abbatiale
Construction maison abbatiale
1698 (≈ 1698)
Sous l'abbé François de Castagnères.
1790
Rvolution et vente
Rvolution et vente
1790 (≈ 1790)
Transformée en exploitation agricole, cloître démoli.
1993-1994
Protection Monument Historique
Protection Monument Historique
1993-1994 (≈ 1994)
Classement et inscription des vestiges.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Vestiges du cloître, puits du cloître, réfectoire, vestiges du chauffoir, bâtiment des convers ainsi que l'appentis accolé au pignon sud, les deux granges, les murs et murets de clôture (cad. A 696) ; sol des parcelles correspondant à l'emprise de l'abbaye (cad. A 692, 695 à 697) : inscription par arrêté du 18 février 1993 - Eglise, maison de l'abbé, puits dans la cour de la maison de l'abbé, bâtiment des communs (cad. A 693) ; sol des parcelles A 688 à 691, 693, 694, ainsi que les murs et murets existant sur ces parcelles : classement par arrêté du 30 septembre 1994
Personnages clés
| Ebbes II de Déols - Fondateur |
Prince ayant installé les moines en 1148. |
| Henri II Plantagenêt - Roi d'Angleterre |
Érige l'abbaye en abbaye royale (1155). |
| François de Castagnères - Abbé commendataire |
Exilé à Varennes, construit la maison abbatiale (1698). |
| Jenny de Vasson - Photographe |
Y vécut et réalisa son œuvre (1872-1920). |
| Paulin Girard de Vasson - Magistrat et propriétaire |
Père de Jenny, accueillit des artistes au XXe siècle. |
Origine et histoire
L'abbaye de Varennes, située à Fougerolles dans l'Indre, fut fondée en 1148 par Ebbes II de Déols, un prince de la Maison de La Châtre, qui y installa des moines cisterciens venus de l'abbaye de Vauluisant. Érigée en abbaye royale par Henri II Plantagenêt en 1155, elle connut deux siècles de prospérité, bénéficiant de dons en terres, forêts et exemptions fiscales, comme celle accordée par Ythier de Magnac en 1276. Un inventaire de 1333, demandé par Philippe VI de Valois, révèle des revenus équivalents à ceux de l'abbaye de Noirlac, témoignant de son importance économique et religieuse.
À partir du XVe siècle, l'abbaye déclina, se transformant progressivement en exploitation agricole gérée par des abbés commendataires. Les effectifs monastiques diminuèrent, contraignant les religieux à recourir à des ouvriers ou à louer des terres. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, sa situation se dégrada davantage : ses revenus chutèrent à la moitié de ceux de Noirlac. La Révolution française marqua sa fin en 1790, avec sa conversion en exploitation agricole et la démolition du cloître. Les archives, non transférées, furent détruites sur place.
L'architecture de l'abbaye suit strictement le plan cistercien : l'église (XIIe siècle, remaniée au XIIIe), la salle capitulaire, le réfectoire (XIIIe siècle), et les bâtiments des convers. Des modifications majeures eurent lieu à la fin du XVIIe siècle, comme la construction de la maison abbatiale (à partir de 1698) sous l'abbatiat de François de Castagnères, exilé à Varennes. Au XVIIIe siècle, le transept et le chevet de l'église furent abattus, ne laissant que la nef. Le site, protégé depuis 1993-1994 (classement Monument Historique), est en restauration depuis 1980 par ses propriétaires actuels.
Au XXe siècle, l'abbaye abritera la photographe Jenny de Vasson (1872-1920), qui y réalisa une partie de son œuvre. Son père, Paulin Girard de Vasson, magistrat républicain, y reçut des artistes du Berry comme le poète Maurice Rollinat ou le sculpteur Ernest Nivet. Aujourd'hui, l'abbaye, labellisée Maisons des Illustres, ouvre partiellement au public (juillet-septembre) et participe aux Journées du Patrimoine. Son histoire allie patrimoine religieux, déclin économique et renaissance culturelle.